Homo Numeralis!

Après des millénaires d’évolution, l’homo sapiens est entré dans l’ère atomique de sa condition. Est-il en train de devenir un homo numeralis, un homme numérique, et pourquoi pas un homme bio-ionique?

  • Notre Créateur nous a accordé le libre-arbitre d’agir selon notre volonté!
  • TOUT nous est permis affirmait Paul de Tarse: “Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile, tout est permis, mais tout n’édifie pas! Que chacun ne cherche pas son propre intérêt, mais cherche celui d’autrui…” 1 Corinthiens 10-23, 24.

Il semble bien, que seule la première partie du verset 23, intéresse le monde… tout nous est permis! Quant-à la deuxième partie du verset 23 et au texte du verset 24, quelle signification lui accorder aujourd’hui?

Est-ce qu’un jour, nos descendants pourront paraphraser Alphonse de Lamartine, dans son poème Milly ou la terre natale: “Objets inanimés avez-vous donc une âme, Qui s’attache à notre âme, et la force d’aimer? ”

Et de dire alors: “Hommes numérisés avez-vous donc une âme, qui s’attache à notre âme et la force d’aimer?” Certains diront qu’il faut être optimiste, ne pas écouter “le bruit” etc. Mais là, n’est pas le sujet, c’est d’un tout autre plan de réflexion dont il s’agit, bien plus immense, essentiel, par rapport à l’existentiel de la nature humaine!

Le propos est osé, mais ce début de 21 ème siècle, qu’est-ce qui ne l’est pas?

Robert Kanters (de son patronyme Protopopova), a écrit : “Tout l’univers est comme un immense télégramme chiffré qui, juste dans les moindres détails, parle à l’homme de sa nature et de sa destinée, et qu’il lui faut décrypter, s’il veut parvenir à la connaissance, à la sagesse, au salut.”

Or nous progressons, dans ce déchiffrage à pas de géant, c’est une évidence, et c’est très positif, mais n’avons-nous pas oublié la sagesse et le salut, (de nos âmes “numérisées”)!

Que sommes-nous devenus aujourd’hui?

Le scientisme triomphant écrase l’essence profonde de la philosophie, celle de la spiritualité vraie, c’est-à-dire de la Connaissance non duelle. Il dénonce à juste titre, les effets pervers d’un dogmatisme religieux ou philosophique, étouffant autrefois l’âme humaine, l’empêchant de recevoir la substance céleste nourricière (…notre pain quotidien. Voir dans le livre La Voie du Trait page 50), qu’elle attend en ce monde. Mais lui, le scientisme n’apporte pas davantage cette substance…

Notre Créateur nous a fait ce que nous sommes, libres d’agir, (malgré tous les conditionnements apparents), pour apprendre non pas à nous exploiter les uns les autres, non pas à nous discriminer les uns les autres, mais pour cultiver l’art d’être nous-même, de dialoguer avec tout autre soi-même, reconnaissant en tout homme, une créature voulue par Dieu!

Tu es animiste, bouddhiste, musulman, juif, chrétien, athée, noir, blanc, jaune, rouge! Mais qui es tu au fond de toi-même? Es tu un chercheur de la Lumière, destinée à résorber l’ombre portée sur le monde de notre Créateur, Son monde…par nous-mêmes, consciemment ou non?

Il est difficile de se libérer du fardeau de nos conditionnements. D’où que nous venions, où que nous allions sur cette terre, sur la lune ou sur Mars ou je ne sais où, nous restons des hommes. Nous pourrions coloniser l’univers entier (quelle prétention!?), que nous n’en resterions pas moins des hommes, confrontés aux mêmes défis de la Connaissance, dans un autre plan certes, mais défis tout de même!

C’est notre état d’esprit qui importe. Tant que nous ne serons pas capables de reconnaître un autre nous-même, en notre prochain, tout ce que nous pouvons entreprendre ne sert à rien!

Bien sûr, ce sont des paroles, déjà mille fois prononcées! Où sont les actes? Les actes se forgent dans le secret des cœurs. Or la plupart de nos actes ont été contraires à nos paroles!

Vous savez que le contraire de l’amour n’est pas la haine. C’est la PEUR! Aujourd’hui nous avons peur de tout, peur de manquer, peur de perdre, peur de souffrir, de mourir, peur du lendemain, peur de l’autre etc, car nous sommes engloutis par le gouffre du mental du monde.

Nous vivons dans le binaire, ou encore la dualité : positif/négatif, bien/mal, esprit/matière, lumière/ombre, etc. Nous avons transposé cette dualité, dans nos personnalités, nos convictions, nos comportements.

Comme nous vivons dans le monde de la relativité, TOUT est relatif à l’interprétation et à la compréhension de chacun de nous.

C’est une évidence, je le sais. Mais avons-nous remarqué combien de fois nous reléguons dans le placard des “évidences”,  les choses qui nous dérangent, parce que nous refusons de les accepter et de les vivre? Aborder ce sujet, c’est remuer l’accouchement de la pensée humaine, c’est mettre en cause l’histoire de notre évolution, c’est interroger notre destin, c’est revenir à l’interpellation précitée, de Paul de Tarse, “Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile…”

Le binaire/dualité nous promène comme une balle de ping-pong d’un côté et de l’autre. Nous sommes pris dans ce véritable métronome mental, nous empêchant de découvrir le troisième terme, notre centre de gravité.

Ce troisième terme c’est notre libre arbitre, notre discernement, et enfin notre être véritable, qui exprime ce libre arbitre. Mais qui peut dire aujourd’hui : je sais QUI je suis, ou bien, ce que je suis!

Se placer dans le ternaire, au-dessus de la dualité, c’est en quelque sorte, reprendre nos droits sur le flux de nos pensées. C’est nous placer au cœur de notre conscience face au choix permanent de la direction à prendre dans nos vies, vers la gauche ou la droite, le positif ou le négatif, symbolisés par la lettre i grec Y.

Face à cette alternative, l’âme a besoin plus que jamais de la substance céleste nourricière, évoquée plus haut dans ce texte.

Qu’est-ce que cette nourriture céleste? C’est la lumière que reçoit intuitivement notre conscience, si nous savons demander, recevoir, écouter le miracle quotidien de la vie, que les cellules de notre corps, accueillent à chaque microseconde.

L’élévation par le ternaire, au-dessus de la dualité, nous permet de régner sur les deux esprits, que nous recevons à la naissance (“Sachez qu’il est deux esprits, l’un bon, l’autre contraire”…Zoroastre, Gatha Ahounavaïti XXX strophe 3. Voir le livre La Voie du Trait pages 45 et 103.)

Alors jaillit le discernement, qui éloigne de nous le mensonge et son cortège de misères (le mensonge, drame majeur de notre civilisation!). Être transparent, c’est ne plus avoir peur… La transparence est peut-être la réelle lumière solsticiale de Noël, la lumière sur le monde, véritable Sermon sur la Montagne, de toutes les sagesses, que nous avons  toujours refusées!

Sagesses antiques, sagesse bouddhiste, sagesse du confucianisme, sagesses juives, chrétiennes, musulmanes, sagesses ignorées, sagesses des chercheurs, connus ou inconnus, partout la même éthique proclamée, a été foulée aux pieds.

L’unité du monde brille au-dessus des barrières, que nous avons érigées. Nous la verrons un jour, et nous comprendrons…

Bon Noël de réflexion et de recueillement. Bonne et heureuse année 2021!